Au fond de moi, y'a une gamine de 8 ans 3/4 qui pleure.
Au fond de moi, y'a une fille de 13 ans qui se marre.
Et au dessus, une fille de 16 complétement paumé.
Je ne sais pas quoi faire.
Je veux dire, je sais ce qu'on attend de moi, je sais ce que je devrais faire... Mais à la question " Qu'est qu'on fait? " j'ai été complétement incapable de répondre. ( Déjà que le "on" m'a énervé... Qu'est ce que tu sais de la situation? Et d'où penses tu me regarder pour avoir le droit de m'imposer tes désirs? Je sais que tu souffres, mais dans cette histoire, c'est moi qui devrait être consulté en premier, non? Et oui, moi aussi je peux être une grosse égocentrique de merde. )
Je me sentais juste... vide.
Je crois que je me réfugie dans ce" vide" dès qu'une situation m'échappe. Ne pas perdre le contrôle, ne pas se laisser aller. Prendre de la distance, être "mature". " Grande". Alors, comme souvent, j'ai répondu ce que tu attendais. Parce que c'est le plus "juste", n'est ce pas? Dis moi pourquoi ça ne me fait rien alors?
Au fond de moi y'a une gamine de 9 ans qui regarde derrière elle quand elle marche dans la rue.
Au fond de moi, y'a une fille de 14 ans qui se perd.
Et au dessus, une fille de 16 qui marche.
Et oui, qu'est ce que je fais quand je me sens vide ( ou même en colère, ou triste.. Ok, qu'est ce que je fais dès qui m'arrive quelque chose? ) ? Je marche. Et bizarrement, dans cette "quête" d'oubli, mes pieds me ramènent à la génèse.
Tu me crois si je te dis que je me retrouve dans cette allée quasiment malgré moi?
Tu me crois si je te dis que je cherche un point de départ -d'arrivé-? Genre... Un fond, tu vois? Celui contre lequel celui qui se noie tape un grand coup pour remonter à la surface?
Et comme d'habitude... Rien. Pas de colère, pas de larme, pas de délivrance... Rien.
Alors je remonte l'allée. Je retourne près de l'axe terrestre qui est mon nouveau centre... Et c'est là que mes pensée s'accélère.
_Qu'est ce que je dois faire?
_ Je sais pas, qu'est ce que tu ressent?
_ Je ne ressent rien.
_ Qu'est ce qu'ils feraient?
_ On le sait, ce qu'ils feraient. Je sais ce que je dois faire. C'est juste... C'est fait de toute façon. Laisse-moi.
_ Je peux pas.
_ Alors tais-toi.
_ ... C'est provisoire, tu sais? Les émotions vont revenir.
_ Je sais. Et ce sera une belle claque.
_ Tu sais...
_ Non, je sais pas. Je ne sais plus. Ai-je su? -et oui, même au fond de mon crâne, j'ai le sens de la grande phrase de merde.....- Laisse tomber, on écoute de la musique, d'accord? On a qu'à... se taire toute les deux.
Au fond de moi, y'a une gamine de 10 ans qui sourit avec hésitation.
Au fond de moi, y'a une fille de 15 ans qui souris ironiquement.
Et au dessus, y'a une fille de 16 qui se frappe la tête à grand coup de " Californication " et " Protect me for what I what "
Allez, retour. Qu'est ce qu'un ami me dirait? Il me dirait d'écouter mon c½ur - pour paraphraser Disney-. Il me dirait que j'ai fait le bon choix...
Tu me crois si je te dis que j'ai envie d'une vieille phrase bateau du style.... " Tout ira bien"? Tu me crois si je te dis que j'ai envie qu'on me dise " Je comprend "? ( Tu me crois si je te dis, quand même temps, j'ai envie du contraire?)
Je vais la murmurer. La chanter. La crier. Jusqu'à ce que je la crois.
Au fond de moi, y'a une fille de 1 ans qui balbutie vaguement.
Au fond de moi, y'a une fille de 100 ans qui crève.
Et au dessus, une fille de 16 qui ne peut pas s'empêcher d'avoir de l'espoir.



